Pardonnez nos offenses – Romain Sardou

J’ai constaté à travers mes articles sur les deux tomes d’America (La Treizième Colonie et La Main Rouge) que je ne vous avais jamais parlé d’un de mes auteurs préférés, Romain Sardou. Le « fils de » est vraiment un auteur que j’adore depuis des années et je vais donc essayer de temps en temps de vous présenter ses romans que j’ai vraiment aimé.
Si je l’ai découvert à travers ses contes de Noël, je vous en reparlerai plus en détails dans quelques semaines lorsque ce sera plus de saison ! 😉 En attendant, je voulais vous présenter Pardonnez nos Offenses, un polar médiéval !

Pardonnez nos Offenses – Romain Sardou

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Romain Sardou nous entraîne en plein hiver 1284 dans un petit diocèse près de Toulouse. Un diocèse aux allures bien tranquilles. Et pourtant, une année auparavant, deux petites filles ont retrouvé dans un cours d’eau des « morceaux » d’êtres humains. Une fois le puzzle reconstitué il s’est avéré qu’il s’agissait d’un chevalier et de deux jeunes enfants (des jumeaux). Bizarre mais pas étonnant puisque en amont du cours d’eau se trouve le village d’Heurteloup, village qui aurait été pris par le diable il y a plusieurs décennies.
Oui mais pour un village oublié, Heurteloup semble intéresser beaucoup trop de monde… et notamment Rome. Quel est donc le terrible secret qui s’y cache ? *suspens*

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Dimitte Nobis Debita Nostra

L’histoire met en lumière trois personnages, trois hommes trentenaires qui ne se croiseront pas ou peu.

Henno Gui, un jeune prêtre qui a été convoqué par l’évêque Haquin pour remettre les villageois de Heurteloup (qui n’ont pas vu l’ombre du moindre homme d’Eglise depuis une trentaine d’années) dans le droit chemin de la foi. La tâche est lourde et périlleuse, mais Henno Gui est un jeune homme courageux. Il est également très bon orateur et arrive par le seul don de la parole à faire dire aux gens le contraire de ce qu’ils pensaient avant de le rencontrer. Il connaît également bien la médecine, mais plus dans le style rebouteux spécialiste des plantes médicinales. C’est un personnage très agréable qui nous guide en douceur à travers cette histoire.

Le moine Chuquet, vicaire du diocèse de Draguan. Il était un peu le secrétaire particulier de l’évêque Haquin avant que celui-ci ne soit mystérieusement assassiné. Il va avoir alors la difficile mission d’emmener la cadavre de son évêque à travers le rude hiver jusqu’à la capitale. Il suppose que la famille de Chuquet se trouve à Paris et compte leur rendre le corps du défunt. Lui qui rêvait d’aventures sans pouvoir espérer en vivre un jour au fin fond de son diocèse perdu, il va se retrouver entraîner de mystères en mystères. C’est un personnage que j’ai beaucoup aimé. En effet, il a un caractère relativement effacé et au début on remarque à peine son personnage. Puis au fil de ses pérégrinations vers Paris, on commence à s’intéresser à lui et à admirer son courage. Puis c’est un personnage qui va prendre toute son ampleur au fil des pages… mais chuuuttt…. ;o)

Aymard du Grand-Cellier, fils d’Enguerran du Grand-Cellier, appelé le Chevalier Azur pour sa loyauté et sa bravoure lors des Croisades. Après avoir été un soldat turbulent et bien moins glorieux que son père, Aymard est entré dans les ordres et est devenu abbé. Oui mais… l’ordre qu’il fonde est purement hérétique avec sacrifices de vierges & Cie… Son père ne peut laisser son honorable nom être sali ainsi et va donc livrer son fils à Rome pour la peine qui sera décidée par le Pape. Oui mais… (encore ?!) Alors qu’Aymard aurait dû être pendu haut et court, Rome et ses dirigeants vont lui trouver une toute autre utilité. C’est un personnage sombre et imprévisible. Au départ il n’est pas très intéressant, mais ce qui va lui arriver est tellement hors du commun qu’on s’attache à ce personnage détestable.

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Pour ce qui est de mon opinion, je voudrai dans un premier temps commencer par les points un peu négatifs de ma lecture.

Au début de la lecture, je me suis dit « mon dieu où je suis tombée, je vais jamais arriver à le lire ». Au début, on nous balance un tas de personnages (qui ne font même pas partie de l’intrigue) et d’informations. C’est assez déstabilisant. Heureusement ça ne dure qu’une vingtaine de pages.
Par contre c’est vrai que tout au long du livre on nous présente une foultitude de personnages qui se ressemblent un peu et qui ont des noms à coucher dehors. Du coup si on ne suit pas, on est largué. Vraiment pas le type de roman que tu peux lire en pointillés.
Le thème de la religion catholique peut en refroidir certains. Tous les personnages ou presque sont des religieux, toute l’intrigue tourne autour de la religion… et pourtant elle ne semble pas omniprésente. On se passionne pour l’intrigue, mais on se rend compte que la religion n’est qu’un prétexte au suspens.
La période à laquelle se déroule l’action peut ne pas sembler très attractive. Mais il s’agit d’un inconvénient personnel puisque étrangement je n’ai jamais été attirée par cette période.
Si vous cherchez une histoire d’amour passez votre chemin c’est pas dans un milieu d’hommes et religieux en plus que vous allez dénicher beaucoup de jupons !!!

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Mais heureusement il y a eu bien plus de points positifs ! Ben oui parce qu’autant être honnête, je me suis un peu forcée à trouver des moins parce que j’ai adoré ce roman plein de suspens.  J’ai été prise dans cette histoire comme on pourrait l’être dans un tourbillon. A un tel point que ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Lutter le soir pour en lire un maximum alors que je tombais de sommeil. L’emmener avec moi pendant la journée pour le lire dés que j’avais une minute. En plus, jusqu’à la fin, on n’a aucune idée d’où veut nous mener l’auteur et c’est ça qui est passionnant.
Les personnages sont également parfaitement écrits. Pas facile de rendre attachants une tribu de personnages tous aussi différents et qui ne rentrent pas dans les critères habituels des héros de belles histoires. C’est vrai, ça ! On idolâtre rarement le moine qui transporte le cadavre de son évêque ou l’abbé hérétique ! lol
Il n’y a pas à dire, Romain Sardou sait rendre ses romans faciles à lire. Chaque chapitre est consacré à l’un des trois personnages centraux et à l’évolution de sa situation. En général, un chapitre se termine à un passage crucial pour le personnage et lorsqu’on attaque le suivant, on n’a pas la réponse à notre question puisqu’on change de personnage. C’est assez déroutant, mais c’est ce qui fait qu’on dévore autant ce roman.
Et puis bien sûre, je suis tombée amoureuse une fois encore du style de l’auteur. Il est à la fois simple et recherché. En effet, il y a bien longtemps, j’avais voulu lire « Le Nom de la Rose » d’Umberto Ecco mais après les premières pages de prières interminables en latin j’ai laissé tomber. Ici on est dans le même environnement, mais la lecture est ouverte à tous, quel que soit notre âge ou notre religion. Romain Sardou utilise des mots et des expressions d’époque mais n’en surcharge pas son récit de manière à ce que le lecteur ne soit pas perdu en route.
En plus, ce style si simple avec ces chapitres bien découpés peut paraître simpliste, mais c’est une véritable recherche. En effet, dans les cinquante dernières pages, alors que le rythme s’accélère et que l’on est tout près de toucher au but, les chapitres deviennent de plus en plus courts et l’on jongle entre les personnages pour les voir arriver vers le même but. On ne s’en rend par forcément compte à la lecture, mais en analysant avec un peu de recul ça saute aux yeux !

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Bref, c’est avec ce roman lu en 2007 (déjà!) que j’ai pris goût au style si particulier de Romain Sardou car il arrive à jongler entre des genres complètement différents tout en nous les faisant aimer. Ce mec est un génie et j’attends chaque nouveau roman avec une impatience inimaginable !

Vous l’aurez compris, si vous aimez la lecture, il vous faut impérativement découvrir ce romancier ! 😉

Des bisous mes Chickettes !

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7 Commentaires le “Pardonnez nos offenses – Romain Sardou”

  1. Erkhaly
    23 octobre 2013 à 14 h 37 min #

    Non, je crois que je n’ai lu que Pardonnez nos offenses de Romain Sardou… Il est bien aussi ?

    • tequi
      23 octobre 2013 à 14 h 57 min #

      Je l’ai trouvé encore mieux. C’est un polar médiéval aussi. Sinon de toutes façons j’ai adoré tous ses romans!

      • Erkhaly
        23 octobre 2013 à 15 h 08 min #

        Je vais me le procurer alors 🙂 merci du conseil !

        • tequi
          23 octobre 2013 à 16 h 22 min #

          Tu m’en diras des nouvelles ! 😉

  2. Erkhaly
    23 octobre 2013 à 13 h 04 min #

    Oh j’aime tellement ce roman ! C’est un de mes préférés, il nous emmène vraiment dans l’époque et nous tiens en suspense tout au long… Vraiment à lire !

    • tequi
      23 octobre 2013 à 13 h 51 min #

      Tu as lu Délivrez nous du mal?

Rétroliens/Pings

  1. Contes de Noël – Romain Sardou | Smells like Chick Spirit - 25 décembre 2013

    […] Sardou dont je vous ai déjà parlé pour ses romans, La Treizième Colonie, La Main Rouge et Pardonnez nos Offenses. Pour ma part, je l’avais découvert justement, à travers ses contes de Noël dont je garde […]

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