Tranches de vies (et de morts) – Olive Kitteridge

(à noter que comme tous les articles qui concernent une première ou une unique saison, celui ci est spoilerfree !… )

 

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Olive Kitteridge

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Dans la famille Kitteridge, on a d’abord Henry, le père, pharmacien et bonhomme gentil et bienveillant. On a aussi Christopher, le fils un peu paumé. Mais on a surtout Olive, femme au foyer qui préfère largement son jardin à tout le reste et qui ne se gêne pas pour dire les 4 vérités à ses proches, quitte à les blesser.

On nous propose donc un portrait de cette famille, leurs chemins de vie, pendant à peu près un quart de siècle, au coeur d’un village de la Côte Est des Etats-Unis.

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Itinéraire d’une femme aigrie

Me voilà donc bien embêtée avec cette mini-série de 4 x 1 heure, adaptée du roman éponyme d’Elizabeth Strout. Parce que je l’ai attaquée pour la simple et bonne raison que c’est du HBO… Parce qu’après un épisode je trouvais ça passablement chiant… Parce que je suis allée voir sur le net et que la série était encensée sur les blogs, Télérama, le Monde et que je n’aime pas avoir l’impression de louper quelque chose… Parce qu’au final c’était pas si mal, mais pas non plus de là à crier au génie…

En fait j’ai un peu de mal à la base avec les fictions contemplatives, avec les portraits de personnes pas nécessairement passionnantes, avec les démonstrations de banalité et l’ambiance petite bourgade américaine…

Alors évidemment, l’image est belle. La réalisation et l’interprétation des acteurs est parfaite, pour arriver à une fiction où l’on passe d’une période à l’autre de façon presque aléatoire pour créer un ensemble cohérent. En plus ce qui est intéressant c’est que plutôt que de nous narrer 25 années de manière concise parce qu’il est difficile de faire autrement avec seulement 4 épisodes, on assiste plutôt à 4 « moments », 4 « événements » plus ou moins décisifs dans la vie d’Olive. D’ailleurs c’est ça qui est perturbant parce qu’au final, comme dans notre quotidien, il y a des moments qu’on préfère à d’autres et c’est cette alternance qui fait que je ne sais pas trop comment me positionner par rapport à cette fiction !

Et comme je vous le disais, le casting est impeccable. C’est parce qu’elle a eu le coup de coeur pour le roman que Frances McDorman (Fargo, Burn After Reading, Moonrise Kingdom…) a porté le projet pour son adaptation et je dois dire qu’elle est parfaite dans le rôle. Tellement parfaite qu’on en vient à lui souhaiter que ce soit un rôle de composition ! 😛 Richard Jenkins (Six Feet Under…) qui joue son adorable mari est tout aussi juste dans son rôle. Même si j’avoue qu’un peu comme Olive, son côté trop gentil, trop bon Samaritain, m’a moi aussi donné envie de le frapper ! lol Et puis on a l’inimitable Bill Murray, qui ne fait certes qu’une apparition, mais qui restera mon rayon de soleil de cette série ! ❤

Alors vous me direz, qu’est ce que je peux avoir à reprocher à cette série qui est bien écrite, bien réalisée et impeccablement interprétée…

Mon souci principal c’est que c’est follement déprimant !!!

On attaque la série par notre Olive, âgée, visiblement usée, qui s’apprête à se tirer une balle dans la tête au milieu de la forêt. Le reste n’est donc que flashbacks pour nous mener à cette même scène, et l’on se doute bien que si on prend cette décision là ça n’est pas parce que tout est rose. Sans non plus d’ailleurs qu’il y ait de drames terribles dans la vie de cette femme. Et c’est peut être ça au fond qui m’a mis mal à l’aise… Parce qu’Olive Kitteridge a eu une vie « normale », un mari aimant, un fils à qui elle n’a clairement pas su s’attacher, mais une petite vie sans histoire. Ce qui ne l’a pas empêchée de devenir cette femme aigrie, limite odieuse avec ceux qui l’aiment et pas vraiment attachante, aussi bien pour ses proches que pour moi. Du coup, on se dit que cette misère humaine ne nécessite pas des accidents de vie particuliers, mais qu’on peut tous en arriver là, ce qui est par définition tout à fait déprimant ! Oui au final c’est peut être la crainte inconsciente de vivre cette vie et de la terminer ainsi qui m’a laissée dubitative face à cette série…

Et puis, certes comme dans la vie me direz vous, ces 4 heures sont marquées par la mort à un point pas possible ! Accidents, suicides, maladies… quand on y assiste pas, on en parle ! Proches, simples connaissances, animaux de compagnie… La mort est véritablement à chaque instant de cette série et c’est peut être ça qui la rend passablement déprimante…

Néanmoins il y a ces petits moments de grâce… Ces personnages qui n’apparaissent que quelques minutes et qui nous marquent durablement. Ces moments où l’on est complètement en phase avec le personnage (je pense que j’aurai totalement perdu les pédales avec les petits enfants d’Olive…). Ces situations qui donnent quand même le sourire. Je garde notamment un excellent souvenir du mariage, dans l’épisode 2, qui restera certainement le seul moment où Olive est vraiment sympathique à mes yeux.

Bref une mini série qui ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais devant laquelle j’ai passé un bon moment. A titre de comparaison, j’ai été incapable de regarder le second et dernier épisode de Houdini !

Ah et mention toute particulière pour le générique que j’ai beaucoup aimé ! J’ai regardé les 4 en entier à chaque fois ! 🙂

Olive Kitteridge est donc une bonne mini série, avec la qualité que nous promet toujours HBO, mais pour laquelle il vaut mieux être de bonne humeur avant de l’attaquer ! 😉

Bonne journée à tous ! 🙂

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Catégories : Sériesaddict

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2 Commentaires le “Tranches de vies (et de morts) – Olive Kitteridge”

  1. Eva2410
    18 novembre 2014 à 9 h 44 min #

    C’est rare que tu consacres un article à une série que tu n’a pas tellement aimé! Quand j’ai vu l’article je me suis « et voilà, encore une série qu’il va falloir que je rajoute à ma wishlist! » et en fait non ^^ La série peut être intéressante, bien sûr, mais les trucs totalement déprimant c’est pas mon truc. Et j’ai aussi du mal avec les séries contemplatives comme tu dis (c’est cool maintenant j’ai un mot pour décrire ce genre de chose ^^). Du coup je vais passer mon tour.

    PS : ça y est, j’en suis à la saison 10 de Supernatural! 😀 Je suis trop fière!!

    • tequi
      18 novembre 2014 à 9 h 57 min #

      Congrats pour Supernatural ! 😛
      Sinon oui c’est rare que je parle de choses que je n’aime pas parce qu’en général je ne vais pas au bout. Mais là il n’y avait que 4 épisodes et je n’ai pas « pas aimé » au point de laisser tomber !

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